SNIM 2026 – Morpho
Équipage inédit pour le MORPHO sur Cataclysme: Daniel, Domenico, Laurent et moi équipiers habituels sur le Léman ainsi que Dominique, mon cousin et son fils Sébastien venus en avion de La Trinité sur Mer.
Nous commençons nos sorties le jeudi 2 avril avec un mistral établi à plus de 30 Nœuds ; 2 ris dans la GV et le foc de rigueur. Un aller-retour de 3 heures dans la rade nord de Marseille en compagnie de la Mobilière. Pas possible de s’entraîner sous spi alors que c’est vraiment la difficulté supplémentaire par rapport aux configurations du lac : Spi symétrique pendant les parcours construits avec affalage du solent ou du foc au portant puis renvoi juste avant les bouées sous le vent. Avec plus de 30 nœuds établis on ne pouvait pas prendre le risque de tout casser avant le début des régates. Bon eh bien on s’entrainera le matin du premier jour de course, le vendredi.
Vendredi 3 avril, on prépare le bateau tôt le matin. On constate que la drisse de génois est très dure à envoyer et à affaler, pas une bonne nouvelle pour les régates à venir avec les multiples manœuvres nécessaires sous spi. On le dit à Team Winds qui vérifiera le soir après la journée: Il n’ y a pas de poulie à l’entrée du mât….. Incroyable. Pas étonnant que ça coince et que même le poids de Daniel en sustentation au pied de mât avec Dominique qui suit au piano avec le winch ne suffisent pas à fluidifier les mouvements de la drisse. Team Winds dit qu’il ne peut installer de réa à l’entrée du mât; on sera donc pénalisé pendant toute la régate sur les bords de portant, 2 affalages et 2 envois de génois par manche sur des bords de 0.6 à 0.7 miles. Peu importe on fera au mieux.
3 manches dans du vent forcissant de Nord, encore du mistral, sont envoyées par le comité. 3 très bons départs et bonne tactique. A la première manche, au deuxième bord de près je suis un peu gourmand et vire à côté de la bouée au vent pour passer tribord et je la touche ; réparation 360 degrés après la bouée au vent; on perd évidemment du terrain et on finit 12e sur 21.
Très bonne deuxième manche avec du vent forcissant. On change le solent pour mettre le foc, bonne décision. Les bords de spi sont de la régalade, on commence à être bien synchronisé aux manœuvres sous spi. 9e sur 21 au bout des deux tours.
Le vent forcit encore pour la troisième manche, supérieur à 30 nœuds ; on ne mettra pas le spi on descendra avec le foc croisé en ciseaux avec la GV. Bonne décision pour ne rien casser. Pas mal de bateaux ont déchiré leur spi. On finit dixièmes et on est classé 10e le soir sur cette course 3. Bizarrement le lendemain matin du 4 avril on est rétrogradés à la douzième place….
Le samedi 4 avril briefing dès 9h30. On va tôt au bateau, Dominique et Sébastien s’occupent du traditionnel approvisionnement des sandwiches et de l’eau pour la journée. Tout ceci est consigné sur un tricount, très pratique pour faire les comptes entre nous, au centime d’euro près…. Pour mon compte je vais voir le comité pour avoir des explications sur le changement de classement de la manche 3 de la veille. Eh bien je n’en ai pas vraiment car il n’y a pas de temps de passage du Cataclysme sur la feuille. Bon, ok mais ils ont reclassé à juste titre un bateau qu’ils avaient loupé à la quatrième place (11eme donc pour nous) par contre ils en mettent un autre juste devant nous alors qu’il était passé derrière sur la ligne. Je conteste par ce que je dis qu’ils nous avaient classé 10e en visuel au passage de la ligne le soir même et donc que je comprends pas qu’il nous reclassent 12e au lieu de 11e. Je n’insiste pas ça ne sert pas à grand-chose. On part sur l’eau après le briefing assez tôt pour s’entrainer à nouveau. Deux manches sont lancées et on fait 9e sur les deux manches, bon résultat malgré les difficultés sous spi. Puis c’est la soirée très sympathique Swiss Raclette.
Le dimanche 5 avril le vent du sud arrive un peu plus tôt et est un peu plus fort que la veille. Quatre manches seront lancées et je prends le seul mauvais départ de la semaine à la deuxième manche. On est 10e de la première manche, 13e à la deuxième (mauvais départ ça ne pardonne pas) d’autant plus qu’un non-respect de la règle 18.2 à la bouée sous le vent arrive : nous sommes empêchés de passer correctement la bouée. L’autre équipage ayant une voix plus agressive et aigue que la mienne (moi qui demandait simplement de l’eau à voix haute) fait croire au jury que nous étions en tort. Le jury ne pouvait rien voir car il était sous le plan d’eau masqué par plusieurs bateaux arrivant à la bouée sous le vent et, à notre grand ébahissement, c’est nous qu’il siffle en jugement semi direct… On fait une réparation 360 en tout fair-play et , oh justice vis-à-vis du bateau en faute, on se retrouve devant lui.
Troisième manche avec du vent bien établi, nous finissons 8e, notre meilleur résultat de la régate. Nous sommes très réguliers somme toute.
4e manche du jour, une remontada d’enfer au dernier bord de spi. Au deuxième tour la drisse de spi est coincée dans la barre de flèche au vent alors qu’elle devrait flotter sous le vent. Impossible d’envoyer le spi, tout est en vrac. Seul moyen est d’empanner pour libérer la drisse et je vous raconte pas le schmilblik pour réétablir le spi du bon côté. Une fois ceci fait on constate qu’il y a plus de pression sur le côté gauche de la descente, on y reste au maximum et à l’empannage avant d’arriver la bouée sous le vent avant la ligne d’arrivée on est 10e On a repris 8 bateaux…. Magnifique…. Retour assez tôt au port puis soirée de la Snim au palais du Pharo. Délicieux.
Le dimanche 6 avril, le vent du sud se lève tôt et assez fort entre 15 et 20 nœuds. Première manche on prend un bon départ mais on est masqué par un bateau qui a grillé la ligne et pas réparé; on est donc enfumé et c’est difficile de remonter ; On finit 14e notre plus mauvais résultat.
Un parcours côtier est envoyé : cool ça nous fait voir du paysage au sud de Marseille et passer entre des îles qui créent des turbulences dignes du Léman. On est très bien placé, on suit les bons locaux du coin en abattant pour s’éloigner de la couverture des cailloux. Erreur, les Locaux ont tort et tous ceux qui revenaient de derrière, au vent de nous autres les bons, ont fait le bon choix, ils passent devant tout le monde. Une super descente sous spi à la bagarre avec le deuxième au classement général nous fait passer la ligne à la seizième place…..Pas grave, c’était magique.
Du coup et à cause des résultats plus que moyens de la dernière journée on se retrouve 13e au classement général, sur 21. Grand bravo et merci à tout l’équipage du MORPHO, merci pour votre bonne humeur également et merci aux Cousin/Cousine/Neveu d’être venus de la mecque de la voile pour goûter à l’ambiance de Marseille et de la Snim.
Grand merci également à Team Winds et à la SNM.
Allez tout cela prend fin à notre restaurant favori d’entrecôte frites avec notre dernier dîner à Marseille.
A refaire et on est rôdé pour la saison sur le Léman, amitiés.
Jean Marie Méchélany, Morpho
