La Double, la lente remontée

La Double de Versoix, le 23 septembre 2017

Nos aventures vélistiques continuent avec la Double à Versoix. Nous avions laissé le Little Nemo à Founex pour nous éviter un double convoyage. Les conditions prévues sont légères, elles le seront effectivement.

La ligne de départ est très favorable au large, c’est l’émeute. Nous décidons de rester plus prudent à environs 80 mètres du bateau start. Il n’y a pas de vent, nous pointons l’étrave vers la bouée d’Hermance sans autre objectif que d’étaler les voiles et de faire le moins de chemin possible. Derrière nous il y a Morpho et Blue Note, devant c’est plus dur à dire, mais ils sont déjà loin.

Il ne se passe rien si ce n’est que les bateaux de devant creusent et ceux de derrière perdent. Comme nous sommes au milieu de la flotte des Grands surprise (11 sur 20 ) nous savons qu’il faudra cravacher pour revenir.

A Hermance une bouffée de séchard se pose et nous permet de partir bon plein sur Versoix. Juste devant nous il y a Apsara et Sibuya. Loin devant on distingue Isis, Thirsty three et Tix way.

Nous gardons la hauteur car le séchard ne descends pas. Cela fonctionne bien un moment, mais le vent adonne régulièrement. Nous passons donc à l’asymétrique et finalement nous devons même empanner babord amure pour revenir sur Versoix.

Nous avons bien glissé sur nos adversaires proches (Apsara et Sibuya) mais nous avons encore perdu sur les premiers.

A partir de Versoix tout se fait au prés dans un séchard très faible et très variable.

Nous naviguons côte Suisse jusqu’à Coppet environ. On essaie de garder de la vitesse en exploitant au mieux les petites risées. C’est plutôt efficace. On remonte les bateaux un par un, Y2K, Chappuis, Isis, Thirsty three. Quelques bateaux ont décidé de traverser le lac dès le début, il y a La mobilière et Tix way. Nous avons l’impression qu’ils ont moins de vent et surtout que leur cap en babord est catastrophique.

Un peu après Coppet à raz la côte on ramasse un gros tas d’algues. Yan prend son courage à deux main et plonge pour les enlever pendant un virement. (2.5 nœuds semble être la bonne vitesse…)

Après ce moment de pur plaisir frigorifique nous touchons une bonne gauche qui nous permet de traverser correctement le lac. Nous glissons sous le paquet de gauche et on arrive à écraser le paquet de droite.

Vers Messery environ le séchard monte un peu et nous permet de contrôler sereinement la fin de course. En effet vu la lenteur de la course le comité à décider de placer l’arrivée à la Promonthoux.

C’est selon moi une sage décision. Je ne crois pas possible d’atteindre Versoix dans les délais.

Ce ne fut pas la régate la plus fun de la saison. On a beaucoup travaillé pour revenir. Cela demande un concentration de tous les instants et aussi d’un peu de chance.

Je crois que les variations du séchard étaient totalement imprévisibles. C’est pour cela que l’on a décidé d’optimiser notre route sur l’instant et pas de faire de grand plan sur l’évolution du vent.

Deux régates dans le petit lac sans vent en 2017 (Genève-Rolle et Double). Je vais finir par croire que le grand lac est venté…

L’arrivée pour la deuxième place est serrée entre Mea Huna et Pump it up.

Bravo à Mea Huna (que je n’ai jamais vu pendant la course) pour une remontée encore plus grande que la notre.

Borter Bernard pour Little Nemo 2